Des personnes me disent : "Estelle, tu étais déjà adulte quand elle est partie. Tu avais grandi, alors la guérison devrait être plus facile. Tu dois apprendre à oublier".
Tout ce que je peux faire, c'est sourire face au vide de ces mots... comme si l'amour avait une date d'expiration, comme si l'absence d'une mère, et particulièrement d'une Reine comme la mienne, pouvait un jour se quantifier par les années passées à ses côtés. La vérité est que, peu importe notre âge, nous restons des enfants dans l'âme dès qu'il s'agit de chercher la main de notre mère.
Ma mère était bien plus que la femme qui m'a portée; elle était mon sanctuaire. Elle gardait mes secrets dans un écrin de grâce, un havre de paix où je n'ai jamais craint le jugement ni le rejet. Il n'y a pas assez de femmes comme elle dans ce monde de celles qui sont à la fois votre meilleure amie, votre ancre et votre miroir.
Le marathon de l'âme
En mai 2016, nous avons commencé un marathon. Ce n'était pas une course pour une médaille, mais une lutte acharnée et déchirante pour la vie. Pendant quatre ans, nous avons couru main dans la main contre les ombres. En 2025, la course physique a pris fin. Nous avons peut-être perdu la bataille contre le temps, mais nous n'avons jamais perdu le lien qui nous poussait à courir.
Aujourd'hui, il y a des jours où le silence dans ma maison semble lourd, presque assourdissant. J'avance. Je rencontre le succès. Je bâtis la vie dont nous avions rêvé ensemble. Pourtant, je me surprends à regarder autour de moi, en me demandant : que vaut ce bonheur sans elle pour le partager ? Je contemple les étoiles et je demande : qui va désormais "dépenser ma joie" avec un rire aussi communicatif ? Qui partagera cette pure lumière avec moi ?
Sa magnifique voix me manque, tout comme ses conseils avisés, son rire, et même nos discussions animées, ces débats passionnés que je donnerais tout pour entendre ne serait-ce qu'une fois encore.
L'écriture comme un pont sacré
Dans le vide laissé par son absence, j'ai découvert un refuge : ma plume. Entre ces lignes, le voile s'amincit. Quand j'écris, je ne fais pas que créer, je converse avec elle. Je vois son visage dans l'encre. Je ressens sa présence dans le rythme de mon cœur. Elle me murmure à l'oreille, me donnant la force d'accomplir les promesses que je lui ai faites lorsqu'elle était encore parmi nous.
Mes projets, mon identité et ce blog même ont tous commencé par ce doux murmure à mon oreille : "Couronnée de Gloire". C'est bien plus qu'un titre ; c'est une promesse divine que, même au milieu de la poussière du deuil, une couronne nous attend.
Un mot pour les cœurs brisés et courageux
Si vous traversez un tunnel sombre aujourd'hui, si votre cœur donne l'impression d'avoir éclaté en mille morceaux, rappelez-vous ceci : votre douleur est à la mesure de l'amour que vous portiez. Ne laissez pas le monde vous dire d'oublier. Transformez plutôt cette absence en une source de créativité.
Portez votre couronne, même lorsqu'elle vous semble lourde. Elle a été forgée dans le feu de votre persévérance et polie par vos larmes. Vous ne faites pas que survivre ; vous êtes en train d'être préparé(e) pour un dessein glorieux, encore invisible à vos yeux.
2 Timothée 4:7-8 : "J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé la course, j'ai gardé la foi. Désormais, la couronne de justice m'est réservée".
Odile a porté sa couronne avec une grâce que le monde n'a pu ternir, brillant de toute sa magnificence. Elle a achevé sa course et a laissé les portes grandes ouvertes pour que je puisse la suivre. Je ne suis plus seulement une fille en deuil ; je suis une femme en mission. Je porterai son nom avec fierté, j'accomplirai son héritage lumineux et je respirerai chaque instant comme une femme déterminée de Couronnée de Gloire, honorant son esprit à chacun de mes pas.
Je t'aime maman!
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